Accueil > Les Conférences > Conférence - Débat N° 4
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puce Intervention de Frédéric Faissolle, responsable du pôle eau au Conseil Général de Loire Atlantique et également hydrogéologue départemental.

L’intervention ce soir va porter sur la ressource en eau (notamment souterraine) et ensuite sur l’organisation de l’accès à l’eau potable. Les données concernent le département avec des focus sur la situation dans le Pays de Châteaubriant.

 Où trouve-t-on notre eau potable ?

Le principe de base, valable sur l’ensemble de la planète, conditionnant la présence d’eau est lié aux 2 paramètres suivants : le relief et la géologie (nature du sol et du sous sol). Nous aurons de l’eau :

- en surface (cours d’eau, lacs, marais,…) dans les points bas et secteurs au sous sol « imperméable » (sols argileux)

- en profondeur (nappes) dans les secteurs au sous-sol perméable (couches sableuses ou roches fracturées).

F1 : cas de Saffré, forage très productif, plusieurs de centaines de mètres cubes heures, volume compatible pour une collectivité.

F 2 : cas dominant dans le Pays, débits très faibles. Nous sommes sans des nappes dites de socles. La roche mère est imperméable, aussi pour avoir de l’eau, il faut être :
- soit en surface, au niveau de roches anciennes qui se sont dégradées et se comportent un peu comme une éponge. Nous avons alors des ressources exploitables par des puits permettant un usage domestique « limité ».
- Soit entre 40 et 60 mètres, au niveau de la roche massive, qui peut contenir de l’eau si elle est fracturée (failles, « Karst colmaté » du schéma ci-dessus).
Dans le Pays, il faut prévoir des forages d’environ 100 mètres de profondeur pour être sûr d’atteindre plusieurs fractures et obtenir des débits de plusieurs m3/h (généralement suffisants pour un usage agricole d’élevage ou industriel, ou pour une petite collectivité). Trouver de l’eau

 Comment gérer la ressource ?

Une fois que l’on a trouvé de l’eau, il importe de la gérer au mieux. Qu’est-ce qui permet de dire, qu’à un moment donné, nous sommes plutôt en surexploitation ou au contraire en sous exploitation ?

Chaque nappe a son propre niveau qui évolue au fil des saisons (Nappe du bassin tertiaire de Saffré). En Loire Atlantique, le Conseil Général a 25 appareils qui enregistrent en permanence le niveau de certaines nappes, en des points stratégiques.
Ces relevés montrent que les nappes sont en lien « rapide » avec les eaux de surface. En effet, nous avons :
- des niveaux variant annuellement avec la pluviométrie (chaque hiver, les nappes se rechargent, alors que dans certaines régions, plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs milliers d’années peuvent être nécessaires) ;
- des temps de renouvellement « âges » rapides (de l’ordre de quelques années à quelques dizaines d’années au maximum).
- des vitesses d’écoulement dans les nappes exploitées assez importantes, sans avoir toute fois des rivières souterraines ! Nous avons ainsi les ordres de grandeurs suivants :

  • dans les calcaires karstiques (Saffré) : plusieurs dizaines de mètres/heure ;
  • dans les nappes sableuses peu profondes (St Sulpice des Landes, Grand et Petit Auverné,…) : quelques mètres/jour ;
  • dans les alluvions (Massérac) : quelques mètres à quelques dizaines de mètres/jour.

Concernant plus précisément l’aspect qualitatif, la qualité « naturelle » [1] de l’eau est différente suivant la nature du sous-sol. Nous avons :
- une eau « dure » et parfois turbide (suite aux grosses pluies) à Saffré ;
- une eau riche en fer et épurée en nitrates à Soulvache.

La nature du sous-sol influence aussi la sensibilité aux pollutions provenant de la surface du sol :
- Saffré et Saint Sulpice des Landes : forte sensibilité ;
- Soulvache : sensibilité faible à modéré.

En conclusion, nous avons des nappes sensibles aux conditions climatiques, aux pompages (d’où la mise en place des plans de gestion en cas d’hiver sec suivi d’un été chaud) et aux pollutions

 MAIS, une reconquête de la qualité pouvant être rapide (quelques années si dispositions adaptées).

Une organisation de l’alimentation en eau potable adaptée aux ressources disponibles…

Partant de cette disponibilité en eau souterraine, nous allons maintenant voir comment s’est organisée la mise à disposition de l’eau potable dans le département.

Nous avons un faible nombre d’unités de production, lié au nombre limité de nappes souterraines ayant des débits suffisants pour un usage collectif (ou pour une usine de traitement).Usines de production et conduites principales de transport d’eau potable

Donc, qui dit faible nombre d’unités de production, dit nécessaire solidarité technique et financière entre les collectivités.

C’est à partir de ce grand principe que s’est organisée l’alimentation en eau potable de la Loire Atlantique. Au final, tout comme nous avons 16 sites de production, nous avons 16 structures intercommunales qui ont pris la compétence d’alimentation en eau potable. Laurent Caderon vous en parlera plus précisément.

 Baisse de la consommation en eau potable par habitant…

Si nous regardons maintenant la consommation sur l’ensemble du département, depuis 1988, nous voyons qu’elle flirte avec les 80 à 90 millions de mètres cubes par an. Donc, globalement, malgré l’augmentation de la population dans le département, la consommation est quasi stable (hormis les fluctuations liées aux étés plus ou moins secs). Le ratio entre les volumes consommés et le nombre d’habitants montre que depuis 1988 nous sommes dans une phase de décroissance de la consommation d’eau potable. Nous économisons ou plus précisément nous luttons contre le gaspillage, tant au niveau individuel, que des industriels et collectivités.

 Les projets de la Loire Atlantique d’ici 2020…

Le schéma départemental de sécurisation de l’alimentation en eau potable est un document de prévision déterminant à l’horizon 2020 ce qu’il faut faire pour garantir à chacun une eau potable en quantité et qualité suffisante. Il comprend 3 grands thèmes :
- La protection des ressources existantes ;
- Le développement de nouvelles ressources ;
- Le renforcement des interconnexions entre les différentes ressources.

Les projets de la Loire Atlantique d’ici 2020…

Laurent Caderon vous parlera plus précisément des projets concernant le territoire.

Merci de votre attention.

Nous allons maintenant laisser la parole à ceux qui emmènent la ressource chez vous afin de voir comment ils procèdent et comment ils la protègent.

Notes

[1la qualité de l’eau « brute » et non celle de l’eau du robinet.

 

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