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puce Compte-rendu du débat n°5

Débat faisant suite à la conférence du 30 sept 2010

Question :

Comment cette vision d’un développement économique de proximité est elle perçue par les entreprises elles-mêmes ?

Michel Roudet :

Bien évidemment, il reste des personnes réfractaires à cette notion d’économie de proximité et de travail en réseau mais de plus en plus d’artisans sont porteurs de cette vision des choses et s’intègrent dans des réseaux locaux.

Question :

Les « étincelles » sont-elles en règle générale plutôt des initiatives d’élus ou d’acteurs privés ?

Michel Roudet :

Dans les exemples cités, les étincelles sont venues d’élus locaux, d’associations ou encore de groupes d’entreprises. Tout le monde peut en avoir l’initiative, l’important reste de partager ces idées avec les différents acteurs locaux. C’est souvent le manque de qualité d’écoute qui empêche le développement d’un projet. Les élus locaux ont aussi un rôle d’appui à ces initiatives et pas seulement de soutien financier.

Question :

Ne devrait-on pas davantage s’ouvrir aux idées des personnes extérieures du territoire ? Nous devrions leur demander leur opinion nos propres forces et faiblesses car nous avons souvent tendance à nous dévaloriser. De votre point de vue, Mr Roudet, quels sont nos atouts ?

Michel Roudet :

Vu de l’extérieur, votre territoire a des atouts indéniables : faible prix de l’immobilier, paysage de bocage, axes routiers proches, future arrivée du tram-train, services offerts à la population. En revanche, il reste bien sûr des points à améliorer : les aménagements de centre-ville par exemple pourraient être plus attractifs. Vos atouts vous permettent d’attirer de nouvelles populations, de développer une économie résidentielle, de devenir un territoire de captation en plus d’un territoire de production à condition que les acteurs publics et privés s’organisent en bonne intelligence.

Réflexion :

Aujourd’hui, le contexte évolue avec les forts enjeux écologiques. Il faut tenir compte de ces enjeux et permettre la transition de nos territoires vers des territoires économes en énergie dans un contexte de raréfaction des ressources. Notamment, nos espaces agricoles mériteraient d’être valorisés en étant de meilleure qualité écologique. Ce type de réflexion pourrait être fédératrice sur un territoire.

Michel Roudet :

Votre réflexion rejoint un peu la mienne sur l’idée d’un achat raisonné avec le développement d’un commerce équitable local qui assurerait une rémunération décente aux agriculteurs locaux. Quand on réfléchit au coût carbone de notre mode de consommation, il est aberrant de penser qu’on achète des pommes qui viennent d’un autre continent alors qu’on en produit en France. Une thèse d’un économiste prône l’étiquetage du coût du transport dans le coût des produits pour influer sur les modes de consommation et développer les circuits courts.

Réflexion :

Ayant un projet de développement de circuit court, j’ai été heurté à une municipalité qui n’a pas souhaité soutenir cette initiative. C’est auprès d’une association locale que nous avons finalement trouvé du soutien.

Michel Roudet :

Votre exemple montre bien que lorsque le porteur de projet se heurte à une résistance, des voies de contournements sont possibles. Il faut chercher de nouveaux points d’appui.

Question :

Sur d’autres territoires, plus urbains, ont été créées des zones franches. Avons-nous aujourd’hui un retour d’expérience sur l’accroissement de l’attractivité de ces territoires ?

Michel Roudet :

On peut distinguer deux types de zones : celles de la région parisienne où les impacts, positifs au départ, sont finalement assez faibles en raison des problèmes sociaux trop importants et les zone franches des petites / moyennes villes pour lesquelles l’impact à long terme semble plus positif.

Question :

Comment expliquez-vous qu’en France nous avons si peu d’entreprises de 600-700 personnes alors qu’elles sont très nombreuses en Allemagne par exemple ?

Michel Roudet :

En Allemagne comme en France, au Moyen Age, les activités de production fonctionnaient par corporations. Avec la révolution française, les corporations ont été interdites alors qu’en Allemagne elles ont continué. En France, l’industrialisation s’est faite par des notables qui étaient des financiers alors qu’en Allemagne, ce sont des chefs d’entreprises issus des corporations qui ont trouvé un soutien de financeurs pour se développer. Pour prendre un autre exemple de développement, en Italie du Nord, pour pallier l’absence de soutien des pouvoirs publics, les industriels se sont organisés entre eux, en coopératives, en clusters pour être compétitifs.

Réflexion :

On pourrait aussi réfléchir au développement d’une épargne locale, c’est à dire de donner du sens à notre épargne en finançant des projets locaux.

Michel Roudet :

Effectivement, l’épargne de proximité me semble être assez fondamentale mais suppose, si on veut la développer à grande échelle, d’imaginer une organisation qui n’existe pas en France. Par ailleurs, les gens ne sont pas forcément prêts à mettre de l’argent dans des entreprises qu’ils connaissent, il faut changer les mentalités. On pourrait prendre exemple sur des entreprises, notamment étrangères, qui prennent l’initiative d’ouvrir leur capital à leurs clients qui deviennent donc des clients-actionnaires.

Conclusion de Michel Roudet

Notre pays aime le gigantisme avec sa grande distribution notamment. Or ce gigantisme devient inadapté et les consommateurs commencent à le rejeter. Changer les mentalités prend du temps mais on sent un retour vers des modes de consommation qui favorisent le développement du commerce et de l’artisanat de proximité. On peut donc sans trop de peine en conclure que l’économie de proximité est une valeur d’avenir.


Compte-rendu de la conférence n°5


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Compte-rendu conférence 5

 

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