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puce Compte-rendu de la Conférence N°1 (résumé)

En tant que géographe Jean Ollivro caractérise le Pays comme un des territoires ruraux de la Bretagne [1] à 5 départements.

Partant de ce postulat, il propose d’abord une présentation des défis auxquels devra faire face le Pays de Châteaubriant, puis, sur une approche prospective, différents scénarii possibles d’évolution pour le territoire.


A - Les 3 défis majeur du Pays de Châteaubriant

Le 1er défi est territorial / spatial :

Le Pays de Châteaubriant, à l’instar des autres territoires ruraux bretons, a connu un déclin démographique en 150 ans. Sur les 10 dernières années, par contre, la partie Ouest du Pays est beaucoup plus dynamique. Elle connaît une très forte attractivité car le foncier est moins cher que dans les métropoles proches : Nantes et Rennes.

Les grands aménagements prévus par la Région : l’aéroport de Notre Dame des Landes, l’axe Rennes Angers, en voie d’achèvement et le tram – train Nantes – Châteaubriant constituent des facteurs très importants pour l’attractivité démographique du territoire.

Le second défi est démographique et social.

Si la périurbanisation se poursuit, le Pays de Châteaubriant sera concerné par un afflux de population qu’il faudra gérer.

Il s’accompagne d’un défi social. En effet, le revenu fiscal dans le Pays de Châteaubriant est l’un des plus faible de Bretagne. Cela s’explique à la fois par la prépondérance des activités agricoles et artisanales, avec des retraites souvent dérisoires. Mais aussi par le phénomène de périurbanisation et les coûts de déplacement qu’elle induit.

Jean Ollivro prévoit une sorte de cataclysme écologique où les gens auront de plus en plus de mal à se déplacer et en parallèle la chute des grandes métropoles. Différentes études scientifiques montrent que la métropolisation « fabrique » de l’exclusion car les plus pauvres sont contraints à habiter loin des villes.

Néanmoins le Pays a su conserver des activités économiques qui offrent des possibilités d’emploi de proximité (limitant l’évolution des communes en cité dortoir).

Nous avons donc un territoire relativement pauvre qui risque d’attirer des populations pauvres, chassées des métropoles. Comment allons-nous les accueillir dans un contexte d’incertitude quant à l’évolution des ressources financières des collectivités locales ?

Le 3ème défi est productif et intergénérationnel.

Le Pays de Châteaubriant se caractérise par l’importance de l’agriculture et de l’industrie. Or, ces deux activités sont particulièrement touchées par la crise d’où un défi en matière d’emploi.

Autre défi, dont on ne parle pas assez, celui du vieillissement ou plutôt du déficit de classe d’age lié au papy-boom. Si l’on regarde le niveau des pensions et retraites dans le Pays de Châteaubriant, il est quasiment le plus faible de Bretagne. Nous allons donc vers une paupérisation des personnes âgées.

Face à ces 3 défis, le Pays de Châteaubriant dispose de leviers importants pour éviter les scenarii les plus sombres.


B : Les atouts du territoire

Le premier point, c’est l’importance clé des activités économiques.
L’industrie agro-alimentaire et l’agriculture sont aussi représentées sur le Pays de Châteaubriant. Pour créer de nouvelles richesses issues de l’agriculture, une piste est à développer, la méthanisation. En effet, actuellement il n’y a que 4 projets en Bretagne, dont celui de Châteaubriant.

Autre point important, il faut garder le tissu de PME et PMI installé dans les zones industrielles du Pays. Il importe de faire attention au leurre d’une économie de la redistribution (qui mise sur l’accueil de retraités…).

Une seconde piste consiste à animer le tissu économique local. Dans toute l’histoire de l’humanité, on a observé que chaque fois que l’énergie est chère, le périmètre de vie des gens se réduit. Les gens vont donc être obligés de fonctionner avec plus de liens sociaux et économiques de proximité. Le PER [2] du Pays de Châteaubriant qui accompagne l’installation de chaudières à bois constitue un bon exemple. Tous les territoires ont des ressources. Il importe de s’interroger sur ce que l’on a sous nos pieds pour développer une économie de proximité. Mais il est tout de même nécessaire de garder de la production à exporter, en volume suffisant pour limiter les coûts.

La 3ème piste majeure est l’affirmation de l’échelon Pays qui est le territoire de la vie des gens et qui a l’avantage de valoriser une capacité à travailler ensemble. Le territoire doit par ailleurs conserver son image rurale, qui, loin d’être péjorative, doit être valorisée car la citoyenneté y est plus développée qu’en ville.

Le Pays de Châteaubriant, pour pouvoir évoluer, doit être en capacité de s’ouvrir aux autres. Les acteurs locaux doivent mettre en place des veilles pour repérer les innovations et les intégrer, en les adaptant au territoire.

Pour Jean Ollivro, le développement durable comprend non pas 3 mais 6 piliers : l’économique, le social, l’environnemental et la citoyenneté, la gouvernance, le territoire.


C : Les stratégies possibles

Jean Ollivro présente 4 stratégies possibles pour l’avenir.

1 – « Au vrai Gaillard »
Il correspond à la redécouverte des stratégies d’itinérance, à l’image des camionnettes qui vont vers les populations. Il s’agit aujourd’hui par exemple de dépannage informatique, de coiffeur à domicile… Ce type d’activité est en progression, tant dans le secteur public que privé, conséquence de l’augmentation du coût de l’énergie et du vieillissement de la population. Concrètement donc :
- Il est possible de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées ;
- Des logiciels permettent l’optimisation des déplacements des professionnels.

2 – « Du coté de chez Swann »
Ce second scénario se base sur la redécouverte d’un urbanisme basé sur la mixité emploi – logement – services afin d’éviter les déplacements.

Favoriser l’économie de proximité c’est aussi ne pas dénaturer le Pays et conserver son cachet, facteur positif pour le tourisme et l’attractivité en général.

3 – « Bouger pour s’en sortir »Il s’agit là d’une augmentation des liaisons entre pôles (augmentation des fréquences des transports collectifs) pour favoriser les échanges.

4 – « Tous aux abris »
La mobilité n’est pas toujours un plaisir, il s’agit donc de limiter les déplacements, pour des raisons économiques et sociales. Il est possible de :
- Faire ses formalités administratives sans avoir à se déplacer ;
- Mutualiser les actions ;
- Partager des maisons entre différentes générations (par exemple la personne âgée au rez-de-chaussée et un jeune à l’étage), ainsi les coûts (tant économiques que sociaux) sont réduits.
- Sensibiliser les entreprises du bâtiment aux aménagements liés au vieillissement de la population, toujours pour favoriser le maintien à domicile.


Conclusion :

Jean Ollivro lance le débat sur les 6 piliers du développement durable, en présentant une hélice vertueuse, partant du citoyen pour bâtir un projet de territoire.

Le cercle vertueux. Source : Jean Ollivro
Le cercle vertueux. Source : Jean Ollivro

Bien sûr, le mouvement circulaire n’est pas exclusif, ainsi le citoyen peut agir directement sur le social, …

Il invite les acteurs du territoire à inventer des solutions pour que le Pays conserve son identité et ne devienne pas un territoire sous tutelle de Nantes ou de Rennes…


Compte-rendu du Débat N°1 (résumé)


Compte-rendu complet de la Conférence Débat N° 1

Notes

[1Pour Jean Ollivro, la Bretagne est celle à 5 départements. Nous allons donc garder
le terme Bretagne au sens où il l’entend, sans que le Conseil de Développement du Pays de
Châteaubriant ne prenne position sur cette question.

[2Pôle d’Excellence Rural

 

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